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La genèse de la photographie d'action architecturale de Lorenz Holder

L'ambassadeur Canon Lorenz Holder révèle comment il a photographié un skateur en action sous un viaduc géométrique et ainsi créé un exemple frappant de son style d'images mélangeant architecture et sports extrêmes.
Un skateur réalisant un fakie kickflip sur les parois arrondies de la structure en briques d'un viaduc, cadré pour donner l'impression que la paroi en brique se répète indéfiniment au loin.

Lorenz Holder, qui se définit lui-même comme « un photographe de sports à sensations fortes de style "beaux-arts" », a longtemps rêvé de pouvoir photographier un skater sous ce viaduc en briques rouges. Photo prise avec un Canon EOS 5D Mark IV équipé d'un objectif Canon EF 70-200mm f/2.8L IS II USM (désormais remplacé par le Canon EF 70-200mm f/2.8L IS III USM) à 110 mm, 1/800 s, f/8 et ISO2500. © Lorenz Holder

« Je ne suis pas un photographe de sports à sensations fortes typique. Je me décris plutôt comme un photographe de sports à sensations fortes de style "beaux-arts" », affirme l'ambassadeur Canon Lorenz Holder. « On m'a demandé un jour à quoi ressemblerait la parfaite photo de sport à sensations fortes. Pour moi, c'est une image que les gens voudront encadrer sur leur mur, même si l'athlète n'y figurait pas. À mes yeux, la parfaite photo de sport à sensations fortes s'obtient lorsqu'on réussit à intégrer un athlète dans un très beau décor. »

Lorenz est connu pour associer lignes nettes, scènes poétiques faites de paysages ou décors architecturaux et sensations fortes des sports extrêmes. Son portfolio regorge de photos spectaculaires : des images de skateurs effectuant des cascades au beau milieu de lacs pittoresques, des coureurs de BMX en équilibre précaire sur des bâtiments sculpturaux, des snowboarders en plein saut au-dessus de pics montagneux enneigés, et ainsi de suite. Son style original a impressionné plusieurs clients commerciaux, notamment des marques de vêtements de sport et des fabricants de voitures, et a entraîné des projets intéressants aux quatre coins du monde.

Un jour, en naviguant sur Internet, il est tombé par hasard sur l'image d'un viaduc dont les formes concentriques créaient une illusion d'optique. Cela a piqué son intérêt au vif. « L'effet était tellement irréel qu'il me semblait presque manipulé. J'en suis resté scotché. Regardez ce viaduc pendant deux secondes, et vous comprendrez son principe de construction. Il s'est ancré dans ma mémoire, et j'ai su que je devais aller y faire des photos. »

Les arcs du viaduc de Balcombe, dans le Sussex, en Angleterre, ressemblent à petits half-pipes en raison de leur forme. Cela me semblait être l'endroit idéal pour faire du skate. Alors que le soleil descendait à l'horizon, Lorenz avait prévu que l'astre du jour illuminerait un côté des arcs, ce qui créerait un motif saisissant. « J'ai étudié des angles et effectué des dessins de la manière dont j'imaginais les prises en vue », explique Lorenz. « La plupart du temps, je me suis déjà représenté dans ma tête l'image que je veux créer. Les appareils photo et les objectifs sont des outils qui me permettent ensuite d'assembler les pièces du puzzle. »

Avec l'aide du célèbre skateur allemand et athlète Red Bull Vladik Scholz, d'un Canon EOS 5D Mark IV et d'un objectif Canon EF 70-200mm f/2.8L IS II USM (maintenant remplacé par le Canon EF 70-200mm f/2.8L IS III USM), Lorenz s'est lancé dans la réalisation de la photo qu'il avait imaginée.

Deux défis

Deux ans après avoir vu l'image du viaduc pour la première fois, Lorenz s'est rendu en Angleterre. « Deux défis se présentaient à nous », raconte Lorenz. « Le premier était de savoir si ces arcs pouvaient servir de rampes de skate. Le second était d'ordre technique : parce que je voulais faire la mise au point sur les arcs, je devais utiliser une grande ouverture. Puisqu'il s'agissait d'un sport à sensations fortes, il me fallait aussi une vitesse d'obturation rapide. Lorsque l'ouverture est grande et que la vitesse d'obturation est rapide, il faut augmenter le degré ISO. Il fallait donc trouver le juste équilibre entre le grain, la profondeur de champ et la vitesse d'obturation. » Il avait deux jours, mais tenait à repartir avec une image bien précise.

Son équipement photographique comportait son Canon EOS 5D Mark IV, ainsi que ses objectifs Canon EF 70-200mm f/2.8L IS II USM et Canon EF 200-400mm f/4L IS USM Extender 1.4x pour photographier la scène d'action sur toute la profondeur du viaduc dans une plage de distances focales variée.

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« L'objectif 70-200 mm est toujours dans mon sac. C'est un excellent objectif de référence pour tout photographe de sport à sensations fortes. Je possède cet objectif depuis dix ans, et il fonctionne encore parfaitement. Un vrai petit bijou de technologie », déclare le photographe allemand. « J'avais aussi emporté l'objectif 200-400mm au cas où je photographierais au travers de toutes les arcades, à 400 m de distance, car j'aurais alors besoin d'un très long objectif avec une ouverture de f/4 pour obtenir assez de lumière. « J'avais aussi le Canon EOS 5D Mark IV, car ce modèle offre d'excellentes performances ISO et une large plage dynamique. »
Le skateur Vladik Scholz contemple le viaduc de Balcombe.

Vladik Scholz, le meilleur skater allemand, a mis à profit son immense talent pour jouer les modèles d'un jour lors d'une séance de photographie d'action dirigée par Lorenz. © Dan Lightening

Un skateur appuyé contre le mur incurvé du pied d'un viaduc.

Lorsque la lumière du soleil illumine les piliers du viaduc à un angle précis, cela crée un effet géométrique saisissant. Photo prise avec un Canon EOS 5D Mark IV équipé d'un objectif Canon EF 70-200mm f/2.8L IS II USM à 125 mm, 1/500 s, f/9 et ISO200. © Lorenz Holder

Lorsque le photographe et le sportif se sont mis au travail, le terrain s'est avéré plus difficile que prévu, même pour le meilleur skater d'Allemagne. Au vu de l'étroitesse des arcs, les deux hommes n'étaient pas certains que Vladik réussirait à s'en servir comme rampes. Toutefois, une fois ce site inhabituel appréhendé, il a repris confiance et a même commencé à ajouter des figures. De son côté, Lorenz, qui préfère éviter le mode rafale, a dû adapter ses réactions avec précision pour saisir le mouvement en un seul clic.

Lorenz voulait que la lumière naturelle illumine les courbes de gauche des arcs inférieurs du viaduc, afin de mieux mettre sa symétrie en valeur. Cela exigeait d'attendre que le soleil se couche pour saisir l'image juste avant que la lumière ne descende trop. Lorsque, dans un premier temps, la lumière s'est avérée trop crue, il a expérimenté en plaçant son sujet tout au bout du viaduc, et l'a photographié avec son objectif Canon EF 200-400mm f/4L IS USM Extender 1.4x. « Un téléobjectif réduit à néant la profondeur de champ et compresse les arcs, ce qui donne à l'image un effet surréaliste », explique-t-il pour justifier ce choix de téléobjectif.

À mesure que la lumière s'adoucissait, la vision que Lorentz élaborait pour l'image se précisait de plus en plus. Après avoir demandé à Vladik de revêtir un pull rouge pour mieux contraster avec l'arrière-plan, Lorentz est passé à l'objectif Canon EF 70-200mm f/2.8L IS II USM.
Une image en noir et blanc du dessous du viaduc, avec la silhouette blanche d'un skateur dévalant un côté d'un mur.

L'image de planification de Lorenz présente sa vision avant la séance de photographie. Mais, grâce aux talents du skater Vladik qu'il a immortalisés avec brio, sa photo finale est encore plus dynamique. © Lorenz Holder

Un skateur réalisant un fakie kickflip sur les parois arrondies de la structure en briques d'un viaduc, cadré pour donner l'impression que la paroi en brique se répète indéfiniment au loin.

Lorenz affirme qu'une photo de scène d'action est parfaite à ses yeux lorsque « c'est une image que les gens voudront encadrer sur leur mur, même si l'athlète n'y figurait pas. » Photo prise avec un Canon EOS 5D Mark IV équipé d'un objectif Canon EF 70-200mm f/2.8L IS II USM à 110 mm, 1/800 s, f/8 et ISO2500. © Lorenz Holder

Obtenir LE cliché

« Quand j'ai vu la lumière dans ce tunnel, avec les ombres discrètes sur chaque arc, et que Vladik a commencé à y faire ses figures, j'ai ressenti quelque chose d'extraordinaire », déclare Lorenz. « J'ai su que c'était le bon moment pour prendre la photo : la figure et la lumière étaient tellement parfaites, avec les rayons lumineux provenant des côtés. Je me suis demandé si on pouvait surpasser cette photo, avec une position ou une lumière différente... Mais, j'ai regardé l'image et j'ai su que c'était la bonne. »

Prise à 1/800 s, f/8 et ISO2500, l'image de Lorenz immortalise un kick-flip dynamique de Vladik au beau milieu des arcs ensoleillés. « Je trouve qu'on a réuni tous les paramètres : le skater est net, la profondeur de champ est bonne et le grain est tout à fait acceptable. J'ai utilisé l'objectif 70-200 mm, car c'est mon préféré. Ici, je l'avais réglé sur 110 mm, ce qui était exactement la bonne distance focale pour ce genre de cadrage. Avec une ouverture à f/8, j'ai obtenu une profondeur de champ suffisante pour mettre au point tous les arcs, et la figure de skate reste nette grâce à la vitesse d'obturation rapide.
Un snowboardeur en hauteur dans le brouillard, éclairé de façon surnaturelle par la crête d'une colline.

Paysages extrêmes

Découvrez Lorenz Holder, ambassadeur Canon et mentor du Redline Challenge, et apprenez-en plus sur la façon dont il associe les paysages avec les sensations fortes de manière frappante et originale.
« Mon but est d'utiliser mon appareil photo pour créer l'image que j'ai en tête, mais dans un sens, c'est toujours un jeu de hasard. Je suis plus que satisfait du rendu de cette photo, et je suis ravi que nous ayons finalement obtenu l'image que j'avais en tête depuis si longtemps. »
Le photographe Lorenz Holder et le skateur Vladik Scholz contemplent le viaduc de Balcombe.

Lorenz assure que, même s'il a enfin obtenu dans ce viaduc la photo dont il rêvait, la perspective de nouvelles photos continue de le faire rêver. © Dan Lightening

« C'est grâce aux dernières avancées technologiques que des images comme celle-ci sont aujourd'hui possibles », s'enthousiasme Lorenz. « Il y a tout juste deux ans, une telle photo relevait encore du fantasme. Si vous augmentiez le degré ISO, le grain de l'image devenait si épais que le rendu n'était pas esthétique. Puisqu'un viaduc ne peut être éclairé, il aurait probablement fallu faire des sacrifices sur la profondeur de champ.

« Ce que j'adore avec le Canon EOS 5D Mark IV, c'est que ce modèle offre une plage incroyablement dynamique. La lumière du soleil était très forte sur le côté gauche de l'image, mais de jolies ombres se dessinaient aussi sur les arêtes sombres, ce qui m'a permis de valoriser les briques dans leur moindre détail. Nous avons augmenté le degré ISO et les résultats sont à couper le souffle : le grain est quasiment invisible. »

Grâce à des appareils photo comme le Canon EOS R6 et l'EOS R5, les possibilités sont encore plus nombreuses. « Lorsque je regarde à travers un appareil photo reflex, je vois le monde réel. Cependant, quand j'utilise un viseur à système EOS R, ce que je vois est plus clair que dans la réalité », affirme Lorenz. « Cela signifie que l'on peut voir plus de choses dans l'obscurité. La composition est mieux visible et la mise au point est plus facile. Pouvoir voir dans l'obscurité sans tout éclairer est une avancée essentielle.

« Habituellement, je n'utilise jamais la mise au point automatique lorsque je photographie des sports extrêmes, car je sais où l'athlète va se trouver. Je fais donc toujours la mise au point en amont. Quand je ne sais pas où l'athlète va se trouver, c'est plus difficile. Cependant, avec le système d'autofocus de l'EOS R6 ou de l'EOS R5, je peux sélectionner mon cadre et être sûr à 100 % que l'athlète va être net. Je lui fais totalement confiance. »

Bien que cette image ait permis à Lorenz de concrétiser sa vision, il poursuit sa mission visant à repousser les limites de la photographie. « Je suis toujours à la recherche de la photo parfaite. Il arrive parfois que mes rêves de photos me tiennent éveillé toute la nuit. C'est ce qui me motive. C'est une histoire sans fin. »

Rédigé par Lucy Fulford


Équipement de Lorenz Holder

L'appareil utilisé par la plupart des photographes professionnels

Le photographe Lorenz Holder et le skateur Vladik Scholz se tenant au pied d'un viaduc.

Appareil photo

Canon EOS 5D Mark IV

Conçu pour offrir des résultats exceptionnels dans toutes les situations, l'EOS 5D Mark IV est un appareil photo polyvalent complet d'un très beau design. « J'avais le Canon EOS 5D Mark IV, car ce modèle offre d'excellentes performances ISO et une large plage dynamique », déclare Lorentz.

Canon EOS R5

Oubliez ce que vous savez sur les appareils photo hybrides. Les excellentes performances de l'EOS R5 vont révolutionner votre façon de photographier et de filmer. Lorenz confie : « En tant que photographe d'action, ces fréquences d'images rapides sont idéales pour moi. »

Objectifs

Canon EF 70-200mm f/2.8L IS III USM

La dernière version de l'objectif préféré de Lorenz est un téléobjectif à ouverture rapide conçu pour offrir des performances optimales même dans les conditions les plus difficiles. « Il m'offre beaucoup de flexibilité », déclare Lorenz. « Les 70 mm sont assez larges pour moi, et l'extrémité de 200 mm offre une excellente compression de perspective pour les paysages. »

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