Planarisation de plaquettes par jet d’encre : la solution microscopique à un énorme problème lié aux puces électroniques

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Empilement de plaquettes de silicium de différentes couleurs, tenu par une main gantée.

Dans l’ensemble, nous avons tous tendance à nous concentrer sur les grandes lignes. Chaque avancée technologique (et il y en a eu beaucoup ces derniers temps) se retrouve dans nos flux d’actualités et nos discussions de couloir. Mais toutes ces avancées ne surgissent pas de nulle part, et elles appartiennent à un domaine que nous connaissons très bien. En effet, notre équipe de scientifiques pionniers, qui travaille dans l’ombre, s’efforce de résoudre des problèmes dont la plupart des gens ignorent l’existence, mais qui pourraient changer radicalement le cours de la technologie.

Savez-vous que nous sommes spécialisés dans la fabrication et la vente des machines qui fabriquent les « cerveaux » de nos appareils électroniques depuis plus d’un demi-siècle ? Nous nous y connaissons donc un peu en puces semi-conductrices. Récemment, nous avons permis au monde de faire un pas de plus vers la résolution d’un problème majeur – mais pourtant minuscule : comment simplifier la fabrication des puces informatiques puissantes dont nous avons besoin à l’ère de l’intelligence artificielle ?

Et elles doivent devenir plus puissantes pour faire face aux demandes croissantes de capacités de traitement dont notre monde a de plus en plus besoin. Si vous avez des connaissances de base en matière de puces informatiques, vous savez sans doute qu’il s’agit là d’un clin d’œil à la célèbre « loi de Moore », selon laquelle « le nombre de transistors sur une puce double environ tous les deux ans, tandis que les coûts de calcul diminuent ». Et bien que l’on puisse débattre de la validité actuelle de cette loi, il n’en reste pas moins qu’il fallait trouver une solution pour augmenter la puissance d’une puce sans en affecter la taille, le coût ou la rapidité de fabrication. Pour remédier à cela, nos scientifiques ont mis au point une innovation unique au monde. Une technologie qui, pour être franc, change véritablement la donne et s’avère si complexe qu’elle mérite quelques explications.

Un ensemble de six schémas illustrant le processus de planarisation des plaquettes de silicium par jet d’encre.

Une petite ville aux reliefs accidentés

Aujourd’hui, la fabrication des puces semi-conductrices s’effectue selon l’un des deux procédés suivants : soit la photolithographie, qui est la méthode traditionnelle, consistant à utiliser la lumière pour ainsi dire « graver » des circuits électriques d’une complexité incroyable sur une plaquette de silicium. Soit la lithographie par nano-impression, une technologie émergente de Canon qui « imprime » avec précision le motif du circuit (on peut se l’imaginer un peu comme un minuscule gaufrier !). Et c’est là que les problèmes commencent.

Les puces sont devenues plus puissantes grâce à l’intégration de milliards de minuscules transistors, ce qui peut créer, comme vous pouvez l’imaginer, une certaine compacité et rendre leur surface irrégulière. C’est un problème majeur car, sur une puce d’une taille incroyablement petite, même la plus infime irrégularité peut avoir le même effet qu’un énorme nid-de-poule sur une route. Ainsi, lorsqu’il faut imprimer la couche de circuits suivante par-dessus, tout risque de manquer de stabilité et de précision.

Comme les puces modernes peuvent comporter des dizaines de ces couches superposées, on a jusqu’à présent eu recours à des techniques telles que le « spin coating » (consistant à appliquer un liquide formant un film sur la surface, puis à faire tourner la plaquette pour l’étaler en une couche fine et uniforme) et le polissage mécano-chimique (qui consiste à lisser la plaquette à plusieurs reprises avant d’y ajouter la couche suivante). Cependant, alors que les composants d'une puce (transistors, commutateurs et pistes conductrices en cuivre) se miniaturisent de plus en plus, ces techniques ne sont tout simplement plus assez précises.

Résoudre le problème grâce à notre expertise en matière de jet d’encre

Oui, vous avez bien lu : à jet d’encre. Sans surprise, nous disposons d’un niveau de savoir-faire exceptionnel dans ce domaine et, pour le dire simplement, nous avons su adapter avec brio la même technologie qui permet de projeter l’encre avec précision sur le papier, de façon à recouvrir parfaitement la surface d’une puce. Voici comment cela fonctionne :

Numérisation : On commence par réaliser une sorte de carte de la surface de la plaquette de silicium, en repérant ses reliefs et creux avec une précision absolue.

Projection et remplissage : Ensuite, grâce aux buses à jet d’encre exclusives de Canon, la machine calcule avec précision la quantité de liquide spécial nécessaire pour combler les zones creuses – ces nids-de-poule microscopiques, si l’on peut dire.

Pressage : Enfin, une plaque plate est pressée sur le liquide afin de combler entièrement les interstices. Le tout est ensuite transformé en résine solide à l’aide de rayons UV.

Lorsque l’on soulève la plaque, la surface est parfaitement plane. En réalité, cette description ne rend tout simplement pas justice au niveau de planéité obtenu à l’aide de cette technologie – la planarisation adaptative par jet d’encre. La variation maximale de hauteur de la surface est inférieure à 5 nanomètres. Quand on sait qu’un cheveu humain mesure entre 80 000 et 100 000 nanomètres de large, on se rend compte que c’est incroyablement lisse.

Mais, en effet, les nanomètres ne sont peut-être pas l’unité la plus facile à visualiser, alors formulons cela autrement. Prenez la surface la plus lisse qui vous vienne à l’esprit, par exemple l’écran de votre téléphone, et imaginez qu’elle mesure seize kilomètres de large, de sorte que vous puissiez la traverser à pied. Vous découvririez alors qu’elle est en réalité parsemée de collines et de vallées aussi hautes que des maisons et aussi profondes que des rivières (pour s’en rendre compte concrètement, il faudrait un microscope extrêmement puissant). Or, si nous utilisions cette nouvelle technologie pour combler les vallées, puis lisser le tout à l’aide d’une plaque géante, la plus grosse bosse que vous rencontreriez serait aussi fine qu’une carte bancaire.

… pour faire simple, nous avons savamment adapté la technologie qui permet de projeter l’encre avec précision sur le papier, de façon à aplanir parfaitement la surface d’une puce. »

Des surfaces planes, des couches empilées et un pas vers l’avenir

En atteignant un niveau aussi extraordinaire de suppression des irrégularités, nos scientifiques ont réalisé une avancée majeure qui permet aux fabricants de puces d’empiler des couches de circuits les unes sur les autres, de plus en plus haut, et de créer des architectures plus tridimensionnelles que jamais, sans augmenter l’encombrement de la puce. De cette façon, elles continuent de s’intégrer dans les technologies que nous connaissons et apprécions. Et cette technique facilite les choses pour y parvenir plus rapidement et à moindre coût.

Ainsi, même si ce sont les sujets généraux qui font la une des journaux : les processeurs ultra-puissants pour l’IA, les téléphones et les supercalculateurs de demain, rien de tout cela ne pourrait exister sans un monde où l’on accorde une attention minutieuse aux détails microscopiques. Nous croyons en l’importance d’examiner en permanence notre expertise et de trouver de nouvelles façons de l’utiliser pour résoudre les problèmes cachés des infrastructures les plus complexes au monde. C’est pourquoi nous sommes souvent la force discrète à l’œuvre derrière certaines des technologies les plus avancées que vous utilisez au quotidien.

En fait, on pourrait même dire que nous ouvrons la voie vers l’avenir.

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