OBJECTIFS

Objectifs en fluorine, asphériques, UD et BR

Les objectifs Canon incluent des matériaux et des technologies avancées, développés spécialement pour diminuer les aberrations et améliorer la qualité de l'image. Découvrez ici certaines avancées parmi les plus importantes.
Les photographes aiment parfois qualifier les objectifs de « verre » mais ils sont évidemment bien plus complexes que de simples morceaux de verre et les optiques des objectifs modernes ne sont parfois pas du tout fabriquées avec du verre. Elles peuvent être en fluorine, par exemple.

La fluorine est un cristal d'origine naturelle doté de trois propriétés spéciales qui le rend particulièrement adapté à une utilisation dans les objectifs : il transmet bien la lumière infrarouge et ultraviolette, dispose d'un indice de réfraction très bas et affiche une faible dispersion.

Qu'est-ce que cela signifie pour vos images ? Lorsque la lumière traverse un objectif, elle se réfracte (s'infléchit). Elle est également décomposée pour révéler les couleurs qui la composent, comme si elle traversait un prisme. Plus l'indice de réfraction de l'objectif est bas, moins la lumière est infléchie et plus l'image est nette. De même, plus le taux de dispersion est faible, moins la lumière est décomposée, ce qui facilite la correction des aberrations chromatiques.

L'aberration chromatique est inhérente aux lentilles en verre classiques. Le problème apparait car l'objectif ne peut pas amener toutes les différentes couleurs (longueurs d'ondes de lumière) au même point et, dans le pire des cas, un effet de moiré est visible sur certains bords. Une lentille en fluorine a un indice de réfraction plus bas, ce qui réduit cet effet.
Cristaux de fluorine naturels et synthétiques représentés avec des lamelles en fluorine.

La fluorine est un cristal d'origine naturelle, mais dans la nature, il est très petit. Canon crée ses propres cristaux synthétiques de fluorine et a développé des techniques pour meuler cette matière fragile en lentilles sans défauts.

Cinq objectifs asphériques de différentes tailles.

Les objectifs parfaitement sphériques génèrent paradoxalement des aberrations car ils n'amènent pas les rayons lumineux vers une mise au point nette. Canon a développé des objectifs asphériques qui utilisent la courbure des objectifs pour faire converger les rayons lumineux vers un point.

Dès le XIXème siècle, les cristaux de fluorine naturels étaient utilisés dans les objectifs des microscopes, mais dans la nature, la fluorine se forme en tout petits cristaux qui ne sont pas adaptés à une utilisation dans les objectifs photographiques. Pour résoudre ce problème, Canon crée ses propres cristaux synthétiques de fluorine dans des quantités suffisantes à partir desquels les objectifs photographiques sont fabriqués.

L'étape suivante consiste à meuler la fluorine pour en faire des lentilles. C'est un défi supplémentaire car la fluorine est difficile à meuler. Cependant, les ingénieurs Canon ont développé une nouvelle technique de meulage pour garantir des lentilles en fluorine sans défauts. L'inconvénient est que le meulage d'une lentille en fluorine est quatre fois plus long que pour une lentille en verre, ce qui explique en partie l'augmentation du coût d'un objectif de la série L. Néanmoins, il en résulte des objectifs qui éliminent pratiquement toute aberration chromatique, offrant des images plus nettes puisque la lumière est enregistrée comme un point plutôt que comme un flou de couleurs.

Le premier objectif Canon à contenir une lentille en fluorine était le FL-F 300mm f/5.6, produit en 1969.
Schéma d'un objectif sphérique illustrant des rayons lumineux parallèles dispersés, de sorte qu'ils ne se concentrent pas sur le même point.

Les objectifs sphériques sont la forme la plus facile à réaliser mais ils dispersent les rayons lumineux qui les traversent, de sorte qu'ils ne se concentrent pas sur le même point.

Schéma de différentes longueurs d'onde lumineuses réfractées à des degrés divers lorsqu'elles traversent un objectif, provoquant un effet de moiré.

L'aberration chromatique est inhérente aux objectifs en verre car différentes longueurs d'onde lumineuses sont réfractées à des degrés divers.

Schéma d'un objectif asphérique illustrant des rayons lumineux convergeant vers un point net.

Sur un objectif asphérique, la courbure subtile de l'objectif peut être utilisée pour faire converger les rayons lumineux et les amener vers une mise au point nette. Le degré d'asphéricité est grandement exagéré sur cette illustration : il n'est pas visible à l'œil nu sur un véritable objectif asphérique.

Schéma d'un objectif doté d'optiques diffractives du spectre bleu (BR), illustrant différentes longueurs d'onde lumineuses, toutes focalisées sur le même point.

Les matériaux à dispersion faible, tels que la fluorine, peuvent aider à faire converger la lumière, tout comme les nouvelles technologies telles que les optiques diffractives du spectre bleu (BR), illustrées ici, qui peuvent contrôler notamment le cheminement de la lumière bleue (longueurs d'onde courtes), ce qui réduit particulièrement l'effet de moiré bleu.

Lentilles asphériques

À l'origine, tous les objectifs étaient sphériques. Il s'agit de la forme la plus facile à réaliser, mais pas la plus adaptée pour restituer la netteté des images car il est impossible de faire en sorte que des rayons lumineux parallèles convergent vers un même point. Ce phénomène entraîne un problème appelé aberration sphérique. Les concepteurs des objectifs ont découvert qu'une lentille asphérique permettrait d'éliminer ce type d'aberration car la courbure de l'objectif pourrait servir à faire converger les rayons lumineux vers un seul point. La théorie est une chose, la pratique est tout à fait autre chose.

Le degré d'asphéricité est si faible que des processus de fabrication spéciaux ont été créés pour rester dans la tolérance requise de 0,1 micron. Mesurer la courbure nécessite une précision accrue. Ce n'est qu'en 1971 que le premier objectif d'appareil photo reflex doté d'une lentille asphérique a été produit. Mais il n'était pas parfait. En réalité, il a fallu attendre deux autres années avant que les techniques de fabrication atteignent le niveau requis pour obtenir une image bien plus nette.

Aujourd'hui, les lentilles asphériques sont meulées et polies avec une telle précision que si le degré d'asphéricité s'écarte de seulement 0,02 micron (1/50 000e de millimètre) du degré idéal, la lentille est rejetée.

Les lentilles asphériques aident à compenser la distorsion des objectifs à grand-angle et à compenser (voire éliminer) les aberrations sphériques des objectifs dotés d'une grande ouverture maximale. Grâce à elles, Canon produit des objectifs plus compacts que ce qui était possible auparavant en utilisant uniquement des lentilles sphériques.

Meuler et polir une lentille asphérique est un processus fastidieux et coûteux mais l'évolution de la fabrication permet maintenant de mouler les lentilles asphériques. Les moules doivent bien sûr être fabriqués de manière très précise pour s'assurer que le verre fondu garde exactement la même forme. Ils doivent également prendre en compte la modification des dimensions des lentilles une fois le verre refroidi et poli.

Bien que leur fabrication reste un processus de précision, les lentilles moulées sont moins chères à produire que les lentilles meulées, ce qui permet de les utiliser sur les objectifs grand public.
Schéma d'un objectif doté d'optiques diffractives du spectre bleu (BR), illustrant la lentille BR insérée entre un objectif convexe et un objectif concave.

L'élément d'optiques diffractives du spectre bleu (BR) de Canon est inséré entre deux objectifs en verre, un convexe (en haut) et un autre concave (en bas), pour contrôler le cheminement de la lumière bleue et réduire l'aberration chromatique.

Objectif Canon RF 85mm F1.2L USM.

Le RF 85mm F1.2L USM est le premier de la nouvelle génération d'objectifs RF de Canon à intégrer la technologie BR. Son verre à dispersion ultra-faible et sa lentille asphérique meulée suppriment les aberrations sphériques générées par une grande ouverture maximale.

Verre à dispersion ultra-faible

L'émergence du verre à dispersion ultra-faible (UD) et du verre Super UD est survenue après que Canon a réussi à incorporer de la fluorine dans certains de ses objectifs. L'utilisation du verre optique au lieu de la fluorine pour corriger les aberrations chromatiques est plus économique. Canon a donc dirigé ses recherches vers les objectifs hautes performances fabriqués à partir de verre optique. Au fil des ans, Canon a utilisé plus de 100 types de verres différents dans ses objectifs, chacun avec des propriétés légèrement différentes.

Le verre à dispersion ultra-faible est semblable à la fluorine dans le sens où il dispose d'un indice de réfraction bas et d'une dispersion faible. Bien qu'il ne soit pas aussi efficace que la fluorine, ses performances sont nettement meilleures que celle d'un verre optique ordinaire. En utilisant le verre à dispersion ultra-faible, Canon a donc pu fabriquer une gamme d'objectifs dotés de performances supérieures et à un coût plus faible qu'auparavant.

Sur plusieurs objectifs de la série L, les lentilles en fluorine et le verre à dispersion ultra-faible ont été associés pour produire des résultats optimaux. La technologie est adaptée à différentes sortes d'objectifs, du grand-angle au super téléobjectif.

Optiques diffractives du spectre bleu (BR)

La lumière bleue (longueurs d'onde courtes) est un vrai problème pour les ingénieurs en objectifs car il est difficile de corriger son cheminement à travers une lentille comme les lumières rouge et verte dont les ondes sont plus longues, ce qui peut provoquer un effet de moiré bleu.

Cependant, en août 2015, Canon a introduit le EF 35mm f/1.4L II USM, le premier objectif doté d'optiques diffractives du spectre bleu (BR). Les optiques diffractives du spectre bleu utilisent une nouvelle lentille organique qui dispose de caractéristiques de dispersion différentes des lentilles standard. Elle est insérée entre des objectifs en verre convexe et concave pour contrôler le cheminement de la lumière bleue et réduire l'aberration chromatique.

Canon continue de développer de nouveaux matériaux optiques pour étendre encore les possibilités de conception et de fabrication des objectifs. La technologie d'élément d'optique diffractive multicouche de Canon, par exemple, associe les caractéristiques des lentilles en fluorine et asphériques pour aboutir à des objectifs plus petits et plus légers, dotés de performances améliorées pour les ouvertures plus petites.

Rédigé par Angela Nicholson


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